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LA FIN DE LA ROMANCE DU LIÈGE ?
Ou peut-être pas.


 

Vous vous souvenez de tous ces moments où le débouchage d’une bouteille marquait le début d’un repas mémorable ? Qu’en est-il de la joie d’ouvrir un grand vin simplement en tournant un bouchon à vis en aluminium ? Dans le monde du vin, les goûts évoluent, les bouchons aussi.

Le marché des bouchons synthétiques et capsules à vis gagne du terrain mais a toujours mauvaise presse, même s’ils évitent le TCA. Le TC…quoi ? Le Tri-Chloro-Anisole, la molécule responsable du fameux goût de bouchon.

Initialement inodore, le liège fixe toutes les odeurs qui l’entourent. Ce goût de bouchon provient de micro-organismes qui produisent une molécule (TCA) ayant une odeur désagréable due à l’absorption de composés chlorés, pouvant venir de produits utilisés pour laver les bouchons, de produits de nettoyage (des cuves ou des locaux) ou même de palettes de stockage.

Le liège est un produit vivant et durable mais plus onéreux que ses concurrents, l’industrie du liège a perdu près de 50% de part de marché en vingt ans ! Le développement de nouveaux modes de conditionnement comme le “Bag-in-box“ en France ou le “Tetra Pack“ en Espagne, impact nettement ce marché.

Concernant la capsule à vis, chez 13°5 nous sommes d’accord que question élégance, on repassera, en revanche pour la praticité et le goût nous validons ! Pas besoin de tire-bouchon et fermeture facile. À contrario du liège qui est perméable, la capsule empêche tout contact du vin avec l’air évitant donc l’oxydation lente et naturelle du liège. Résultat ? Des vins pur-jus de raisins, sur le fruit et dotés d’une très belle fraicheur !

Mais voilà cette parfaite étanchéité est aussi son point faible, pouvant empêcher le vieillissement du vin dans le temps. Ce type de bouchons se prédestine donc plutôt aux vins vinifiés pour être bu à court ou moyen terme (de 1 à 5 ans).

Les bouchons synthétiques (en polyéthylène) sont moins radicaux, visuellement proche du liège ils offrent l’avantage d’une évolution oxydative maîtrisée même si leur tenue au vieillissement est discutable. ils sont aujourd’hui une solution largement plébiscitée par les vignerons. Un nouveau bouchon synthétique a récemment fait son apparition, le “plant cork“. Fabriqué à partir de dérivés de canne à sucre, il allie performance (sans TCA) et développement durable.

En fin de compte, ce qui importe le plus, c’est la qualité du vin que le vigneron met en bouteille. Si nous pouvions simplement surmonter la stigmatisation qu’un bouchon à vis ou synthétique signale une qualité inférieure, peut-être qu’un plus grand nombre de vignerons se sentiraient à l’aise d’embouteiller leurs vins de cette façon. La guerre n’est peut-être pas déclarée, à chaque bouchon sa consommation !

LE SAVIEZ-VOUS.
La récolte du liège se déroule de mai à juillet, une fois le strip-tease achevé l’arbre va mettre près de 10 ans avant de reconstituer une couche de liège exploitable. Seulement 30% de la récolte finira en bouchons, le reste servira à l’isolation dans le secteur du bâtiment par exemple.

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embouteillage du vin mondial sous liège

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embouteillage du vin Français sous liège

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des vins mondiaux bouchonnés